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mercredi 6 juillet 2011

[6 juillet] Harajuku & Omotesandô


Pour en revenir, j’ai trouvé qu’il était super facile de faire des rencontres quand les gens sont un peu ouverts aux étrangers.

J’étais donc en train de ma balader, et puis des jeunes gens faisaient la quête pour recueillir des fonds pour la catastrophe de Fukushima. Il fallait après avoir donné une certaine somme, remplir une petite feuille sur laquelle on écrit son nom et quelques coordonnées. En voyant que j’étais française mais que j’écrivais mon nom en rômanji (nos caractères romain) et katakana (syllabaire japonais pour les mots étrangers), le premier a engagé la conversation et a appelé son ami qui a voyagé en France. Nous avons donc un peu discuté, et m’ont proposé de me joindre à eux dans un petit restaurant sur Ueno, le Joy, au-dessus duquel il y a une petite salle de concert (relativement petite, donc pas une vraie salle, mais suffisamment grande pour une 15aines de chaises sur estrade, une scène, un piano, guitariste et bassiste….) et dans laquelle ils joueront avec d’autres gens de leur groupe le soir-même. Ils étaient super sympa, et comme je n’avais rien prévu de la soirée, eh bien pourquoi pas ^^ Rendez-vous à 17h quand ils auront fini leur boulot.
Je sais, je sais, certains me diront que je suis timbrée de suivre des gens que je ne connais pas, qu’on peut tomber sur des gens louches et qu’une fille doit être prudente…. Ma pauvre maman s’arrache les cheveux si elle me lit « Je pensais t’avoir appris à ne pas suivre des inconnus ! T^T » Pardon… XD En fait ils m’inspiraient vraiment confiance, et puis ils n’avaient pas du tout l’air louche mais très gentil et tout, sans compter que ce n’était pas des ptis jeunes hystériques qui s’en prendraient à une gaijin : ils devaient avoir plus de 25 ans d’ailleurs.

Comme j’avais une bonne heure à tuer devant moi, j’ai visité le musée Ôta Kinen, un musée d’estampes japonaises. Et là….. je dois dire que ça a été un de mes plus gros coups de cœur !! Pour quelques  700 yens, on a accès à plusieurs centaines d’estampes (ukiyo-e) de l’ère Edo (1606-1868) essentiellement de Utagawa Kuniyoshi. Le noms des tableaux est traduit en anglais... et c'est tout, hélas ! Les explications sont faites en japonais. Cela dit, il n'est pas nécessaire de comprendre pour aimer, puisque tout passe par le visuel.
Pour ce qui va suivre, merci Wikipedia…

Le portrait d'un homme formé avec des corps nus
Kuniyoshi Utagawa (歌川 国芳, Utagawa Kuniyoshi?, 1797 ou 1798 - 1861) fut l'un des derniers grands maîtres japonais de l'estampe sur bois ('ukiyo-e'). Il produit plusieurs triptyques héroïques qui sont bien reçus, et, en 1827, il commence la série qui devait lui assurer la reconnaissance: les Suikoden, ou Cent-huit héros chinois. Le succès suit dans plusieurs domaines: au début des années 1830, il produit d'excellents paysages et, dans les années 1840, de nombreuses triptyques de bijin et de héros.


Il est également connu pour ses dessins de chats, qui étaient ses animaux préférés. Un dessin de son élève Kyosai montre l'atelier de Kuniyoshi plein de chats. Lui-même en trace des dessins qui montrent une étonnante sympathie avec ses chats, et il les représente volontiers dans les recoins de ses estampes sous le moindre prétexte.
Des mots formés avec des chats perso je lis "namari"
Des tanukis pêches avec leur testicules... eh oui c'est une manière comme une autre de choper du magicar- heu du poisson


J’ai trouvé que certaines de ses œuvres étaient absolument fascinantes d’absurde, d’humour, il représente volontiers les yokai (créatures légendaires, étranges de la mythologie et de la tradition japonaise).
Pour exemple, le tanuki, une créature qu’on assimile au chien viverrin. Il est dessiné à de nombreuses reprises dans des diptyques. Le tanuki a une bouille plutôt amusante, ses particularités sont notamment son ventre bien rond et ses testicules gigantesques, il est également représenté avec une gourde (de sake ?) et un chapeau. Dans ces œuvres, les tanukis se servent de leurs testicules pour différentes utilisation : filet de pêche, bateau, gourdin, pinceau… C’est  grotesque, burlesque, c’est juste génial.
Le peintre prend donc ces créatures du folklore nippon et les rend amusants. Une japonaise et moi, en regardant la même image d’un tengu (cordeau à l’apparence humaine et avec un long nez fin) avons caché avec peine notre hilarité : le tenbu représenté attrapait des poissons en ayant accroché un fil au bout de son nez, utilisant ce dernier comme s’il s’agissait d’une canne à pêche…. !! Okay, ainsi ce n’est peut-être pas rigolo, mais imaginez l'ambiance du musée : pas de fenêtre, une salle éclairiée par les ampoules, ambiance sérieuse, ou un silence de mort règne tandis que chacun examine de longues minutes toutes les peintures comiques…. Le contraste entre les drôles de tableaux et l'atmosphère m’a bien fait rire ^^

Je ne me suis pas attardé plus que ce que je souhaitais, j’ai rejoint les deux compagnons, et puis ça tombait bien, nous allions à Ueno, or ma résidence sur Tôkyô se trouve juste à côté, Uguisudani.
En chemin, le métro était bondé et ils ont fait attention à ce que je ne meurs pas étouffée .__. Leur restaurant/bar se trouvait dans une toute petite rue à l’écart, au 1er étage. Il n’y avait personne sinon le personnel, et ils avaient tous l’air de se connaitre…. J’avoue m’être sentie un peu stupide au début, mais l’ambiance et la prévenance des employés m’a détendue, cherchant tous à me parler, à savoir d’où je venais « フランス人 ?? ええええー,日本語が上手ですね ! » (« Tu es française ?? Eeeh, tu parles bien japonais ! ») ....heu, ouais mais je viens juste de dire « merci » ou « bonjour » en fait… Bon, sur le coup, c’est super gênant car tu sais très bien quel est ton niveau, et même si (chose incroyable) j’ai compris quand on me parlait des énergies renouvelables comme solution de remplacement pour les centrales nucléaires, je ne peux pas pratiquer aussi bien que ça et discuter normalement comme je le ferais en français ou anglais.
Bref, ces petites phrases sont revenues sans arrêt quand je rencontrais les gens du restaurant et les musiciens qui se produisent dans la salle au-dessus, je n’y fais plus attention, je trouve ça un peu trop… hypocrite ou forcé. Je me doute qu’ils essaient d’être gentils et de m’encourager à parler et à m’améliorer, mais j’ai peur qu’ils imaginent que je peux vraiment tenir une conversation avec une grammaire juste >_>

Bref, cette parenthèse mise à part, Jirô comme Naohisa ont donc été trop gentils, Jirô m’a offert un badge et aussi payé une glace (vanille-fraise *////*), et à la fin de la représentation, Naohisa m’a raccompagnée jusqu’à la gare (il faisait bien nuit) et m’a donné son numéro (inutile puisque mon portable ne passe pas, mais au cas où il a une de mes adresse mail), me faisant promettre que je repasserais au Joy (le nom du resto).
C’était une soirée formidable, les chanteuses (deux essentiellement, une d’environ 22 ans, l’autre de plus de 30 ans) chantaient juste, fort, et très joliment : la plus âgée transmettait beaucoup d’émotion dans ses chansons, tandis que l’autre était toute guillerette. Comme elles ne chantaient pas en même temps, les chansons entrainantes et celles plus prenantes se succédaient donc. Cette soirée fut dépaysant à souhait, comme jusque-là je ne sortais pas le soir (trop fatiguée pour bouger après avoir marché toute une journée u_u) ce fut ma 1ere et la meilleure que j’ai eue. D’ailleurs, en cherchant sur Google et YouTube les chansons … je crois bien que chacune étaient des créations originales, car impossible de les retrouver. Dommage, car une d'entre elle était juste incroyable, moi qui pourtant ne suis guère amatrice de musique japonaise... ^^

[6 juillet] Harajuku & Omotesandô

Ce soir (il est bientôt 23h), je vais commencer par vous remercier de venir voir comment se passe mon voyage sur ce petit blog… Bientôt 1100 vues depuis environ une semaine que je suis arrivée, aaah merci beaucoup …. *__*Je suis sincèrement touchée J …. Du coup, j’en profite pour dire que les photos sont en meilleure qualité & plus nombreuses sur Flickr, mon compte est à cette adresse : http://www.flickr.com/photos/marinelp/

Pour la suite, mercredi 6 je suis allée à Harajuku et Aoyama, deux quartiers très chics de Tôkyô avec de nombreuses boutiques de luxe (Armani, Vuitton, Swarovski, Burberry, Dolce & Gabbana et j’en passe….), des centres de beauté et de manucure (The Body Shop entre autre), des bijoutiers, des cafés é restaurants,…. Bref tout ce qui se fait de plus classieux. Mais pas seulement…. cf un peu plus loin XD
Bien sûr, je suis trop pauvre (lol….) pour m’acheter quoi que ce soit dans une boutique comme sus-citée (et les gens qui me connaissent savent que la mode, cosmétique ou les fringues et moi…. Ça fait pas bon ménage…) donc cette journée devait être davantage l’occasion de me balader dans Omotesandô (l’équivalent de nos Champs-Elysées), une très belle rue toute descendante.

Mais commençons par le début. A mon arrivée à la station Harajuku, j’ai tout de suite cherché à aller au musée Nezu, dont mes guides vantent le magnifique jardin japonais et la collection d’art asiatique dans un musée semblant neuf. Pour m’orienter aucun souci, d’autant qu’il faut descendre Omotesandô côté sud-est. C’est à à peine 10mn de marche, vraiment tout proche. De l’extérieur, le bâtiment a en effet l’air tout nouveau et des rangées d’une sorte de bambou s’alignent devant la clôture donnant un aspect vraiment propre, entretenu, et laissant présager de la suite du jardin…
Seulement je tombe nez-à-nez avec cette affichette :



Okay, c’est fermé jusqu’au 12.
Bon, ben ça commence bien, ma 1ere visite est momentanément reportée ! XD
Pas découragée, j’ai quand même tout Omotesandô qui s’étend sur 1.1 km, bordé de part et d’autres de boutiques, j’ai de quoi voir et faire quelques photos (bien que… franchement l’architecture moderne des boutiques de luxe n’est pas ce qu’il y a de plus intéressant pour moi u_u).
Parmi les boutiques qui ont attiré mon attention :
- Anniversaire : un café très charmant, que les fans de dramas reconnaitront, car il a été utilisé pour apparaitre dans hana Yori Dango
- Comme des garçons : j’avais entendu parler de cette marque japonaise de fringues, très connue, aux formes, couleurs et tissus utilisés surprenants
- Kiddy Land : le magasin a été déplacé quelques rues plus loin, le temps de refaire tout le bâtiment, qui est actuellement rasé. Pour les fans de tout ce qui est « kawaaaaiii » (mignon) il y a de tout : Hello Kitty & tous les grands labels connus (Snoopy, Rilakkuma,….) déclinés en papeterie, gadgets, boites à bentô, cachier  etc ; il y  a aussi des jouets pour enfants, des poupées de collection (Blythe & Pullip) et des poupées Barbie ; des personnages d’animes japonais, et aussi les Schtroumpfs. Sur 3 étage, vraiment un magasin choupi où il faut éviter de s’attarder
- Condomania : comme son nom l’indique, il vend des préservatifs et quelques trucs -non porno hein- pour couple, sans non plus être un sex-shop, car il n’y a absolument aucun accessoire pour couple. Essentiellement des préservatifs qui se veulent funs : phosphorescents (!), à la forme de Pikachu/spiderman/etc une fois déplié (wtf ??!), avec des emballages rigolos (Obama entre autre oO), ou avec des goûts fruités. Eeeh oui, je suis donc rentré dedans, car cette petite boutique (tout petite, pas plus de 10m²) est juste en face d’un carrefour, très bien situé, et même mes guides ont recommandé d’entrer voir. Pour les prix, ce n’est pas donné, quelque chose comme 300 yens pour les plus basiques, ça peut atteindre les 800 yens pour d’autres.

Anniversaire
Comme des garçons
Condomania, à la devanture kitch

Pour mon repas de midi (et je m’arrêterais ce soir sur ce repas), j’avais beaucoup entendu parler de « Le Bretagne » une crêperie tenue par un breton à Tôkyô, dans une ruelle à 5mn d’Omotesandô. Je m’y suis rendue assez facilement (mieux vaut avoir un plan avec soi car il y a plein de ruelles).
En entrant, un français d’environ 40 ans m’accueille  en français donc –oh joie d’entendre encore un compatriote et son « Bonjour » quand on sait que où que j’aille ce sont des « Irashaimaseeee !!!! » dès qu’un employé voit un client dans sa boutique ou son konbini *sature un peu*. Donc il m’installe, m’explique comment commander sur la carte (plusieurs types de menus, un simple, un avec la soupe froide ou chaude, un menu avec une crêpe & glace en dessert en plus de la crête au sarrasin, et un autre menu spécial. Et chaque menu est accompagné d’une salade et d’une boisson au choix.
Pour ma part –cela étonnera ceux qui me connaissent, je sais, je sais….- j’ai pris une bête jambon fromage & en dessert une au caramel beurre salé avec boules vanilles et banane au dessus.
Est-ce utile de préciser que bien sûr, ça a été un véritable délice ?
Mention spéciale au cidre doux qui a été absolument délicieux. Chaque gorgée de cette boisson avec ma crêpe était un vrai bonheur,  je me renseignerais davantage pour prendre à nouveau la même marque que leur cidre une fois rentrée.

Le Bretagne
Quant à l’accueil…. Il a été formidable. L’homme qui m’a accueilli et que je considère comme étant le maitre des lieux (mais il n’est pas le président de la société, ce dernier s’occupe de business de restauration rapide en crêpe en France selon leur site internet) bref cet homme a été très gentil et intéressant, nous avons discuté de tout ce qui nous charmait ici au Japon, de toutes ces différences culturelles qui changent le quotidien quand on arrive au Japon, mais aussi de Fukushima, du marché du travail…. La conversation fut très enrichissante, et je l’en remercie ^^
Autrement, le restaurant en lui-même est beau, il fait très traditionnel, les crêpes sont servies dans de la vraie faïence bretonne, une céramique qui suit la technique de celle de Quimper (chef-lieu du Finistère (29), mon département ! <3), il y a une douce musique –mais ça n’avait pas l’air d’être des chants ni des instruments bretons comme le biniou- et la décoration, le mobilier, l’ambiance et les odeurs nous transporte au cœur de cette région. Un véritable voyage pour les étrangers, un retour aux sources pour la petite bretonne que je suis (bon…. okay, j’ai l’air d’exagérer, mais quand on ne voit pas de vrai resto français à la ronde pendant une semaine, ça déstabilise ^^). S’il n’y avait pas le Seven-Eleven, je me croirais chez moi…
Je n’en ai donc testé que deux crêpes, mais je recommande très chaudement cette crêperie, ces dernières sont aussi bonnes qu’en Bretagne puisque la crêpière japonaise a travaillé 1 an là-bas avant de revenir au Japon. Au niveau de la note, c’est raisonnable, 1200 yens environ pour un repas complet et sain.
Ah, petite chose qui m’a déstabilisée. J’avais demandé un pichet, pensant qu’on m’en laisserait un puisque jouant la carte française à fond (menu français traduit en japonais)… Eh bah non, rare chose que je n’aime pas au Japon, il y a toujours un serveur qui va accourir pour vous remplir votre verre d’eau chaque fois qu’il sera vide aux trois quarts T_T Jme sens vraiment observée et c’est gênant de le voir verser de l’eau alors que je saurais le faire comme une grande ! Différence culturelle, une rare qui me gêne ici.

Il est minuit, alors je vais arrêter là pour ce soir, pour cette journée il manque un musée et la rencontre avec Jirô et Naohisa qui m’ont emmené dans un restau puis voir un spectacle (et accessoirement, offert une glace vanille-fraise *O*)